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Article · Sauvegarde et reprise

Bonnes pratiques de sauvegarde pour les entreprises qui ne peuvent pas se permettre de perdre des données

Une sauvegarde n’a de valeur que le jour où vous devez restaurer à partir d’elle. Ce guide explique comment organiser vos copies pour que ni un rançongiciel ni une erreur ne puissent les détruire, ce que Microsoft 365 protège et ne protège pas, et comment prouver que vos sauvegardes fonctionnent.

  • Publié le
  • Lecture de 7 min
Un professionnel des TI vérifie l’équipement de sauvegarde et des appareils de stockage compacts sur un bureau bien rangé.
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À retenir

  • Appliquez la règle 3-2-1-1-0 : trois copies, deux types de supports, une copie hors site, une copie hors ligne ou immuable, et zéro erreur lors des restaurations vérifiées.
  • Ce sont les copies immuables ou isolées physiquement qui vous protègent lorsque les opérateurs de rançongiciels ciblent délibérément les sauvegardes.
  • Microsoft 365 assure le fonctionnement du service, mais la protection de vos données contre la suppression, la compromission et la perte à long terme relève en grande partie de vous.
  • Protégez le système de sauvegarde lui-même avec des identifiants distincts, l’authentification multifacteur et un accès restreint.
  • Testez les restaurations selon un calendrier et notez leur durée, car une tâche de sauvegarde réussie n’équivaut pas à une reprise réussie.

La règle 3-2-1-1-0 expliquée

La règle 3-2-1 d’origine a été étendue pour tenir compte des rançongiciels, qui cherchent désormais couramment à repérer et à supprimer les sauvegardes avant de chiffrer les systèmes de production.

  • 3 copies de vos données

    Les données de production et au moins deux copies de sauvegarde, pour qu’une seule défaillance ne vous laisse jamais sans rien.

  • 2 supports ou plateformes différents

    Par exemple, un appareil de sauvegarde local et un service de stockage infonuagique, pour qu’une panne d’une technologie ne touche pas les deux.

  • 1 copie hors site

    Conservée ailleurs qu’à votre bureau, pour vous protéger contre un incendie, une inondation, un vol ou une panne régionale.

  • 1 copie hors ligne ou immuable

    Une copie qui ne peut être ni modifiée ni supprimée pendant une période définie, même par un compte administrateur, ou qui est physiquement débranchée.

  • 0 erreur après vérification

    Les sauvegardes sont surveillées, les échecs font l’objet d’une analyse et les restaurations sont testées, pour que vous sachiez que les données sont récupérables.

L’immuabilité et la protection du système de sauvegarde

Le stockage immuable utilise des mécanismes d’écriture unique et de lecture multiple (WORM), comme le verrouillage d’objets sur le stockage infonuagique ou des dépôts Linux renforcés, de sorte que les données de sauvegarde ne puissent être ni modifiées ni supprimées avant la fin d’une période de conservation. Si un attaquant obtient un accès administrateur à votre réseau, il peut encore voir les sauvegardes, mais il ne peut pas les détruire. Choisissez une période de conservation assez longue pour couvrir le temps pendant lequel une intrusion pourrait passer inaperçue avant d’être découverte.

La plateforme de sauvegarde est une cible de grande valeur : traitez-la comme telle. Utilisez des comptes d’administration de sauvegarde dédiés qui ne font pas partie de vos groupes d’administration habituels du domaine ou de Microsoft 365. Exigez l’authentification multifacteur pour la console de sauvegarde et le compte de stockage infonuagique. Restreignez l’accès réseau aux serveurs de sauvegarde. Activez des alertes pour les modifications des paramètres de conservation, les tâches supprimées et les échecs de connexion. Conservez les renseignements nécessaires pour reconstruire le système de sauvegarde, y compris les clés de chiffrement et les codes de récupération, dans un endroit qui ne dépend pas des systèmes sauvegardés.

Chiffrez les sauvegardes en transit et au repos, et gérez les clés de chiffrement de façon réfléchie. Une sauvegarde chiffrée avec une clé conservée uniquement sur le serveur qui est tombé en panne n’est pas récupérable.

Microsoft 365 et le modèle de responsabilité partagée

Microsoft exploite un service résilient : il réplique les données entre ses centres de données et se rétablit des pannes d’infrastructure. Selon son modèle de responsabilité partagée, toutefois, vous demeurez responsable de vos données, de vos identités et de vos accès. Si un utilisateur supprime une bibliothèque SharePoint, si un compte compromis chiffre des fichiers OneDrive, si la boîte aux lettres d’un employé qui part est supprimée ou si une erreur de synchronisation écrase des documents, la résilience de l’infrastructure de Microsoft n’annulera pas ces dégâts.

Les fonctions intégrées sont utiles : corbeilles, récupération des éléments supprimés, historique des versions de fichiers et stratégies de conservation. Elles ont de la valeur, mais elles comportent des limites de temps et dépendent de leur configuration ; elles sont gérées avec les mêmes identifiants d’administration qu’un attaquant pourrait détenir, et une restauration à grande échelle peut s’avérer laborieuse. Les stratégies de conservation sont conçues pour la conformité et la préservation légale plutôt que pour une récupération rapide à un moment précis.

Une sauvegarde Microsoft 365 dédiée, qu’il s’agisse de Microsoft 365 Backup de Microsoft ou d’un service tiers, stocke des copies indépendantes des données d’Exchange Online, de OneDrive, de SharePoint et de Teams, avec ses propres outils de conservation et de restauration. Appliquez les mêmes principes qu’à toute sauvegarde : accès d’administration distinct, authentification multifacteur, immuabilité lorsqu’elle est offerte et restaurations testées.

Décider quoi sauvegarder, et à quelle fréquence

Partez de ce dont l’entreprise a besoin pour fonctionner, et non de ce qui est facile à sauvegarder.

  • Données Microsoft 365 ou Google Workspace : courriels, fichiers, sites SharePoint et contenu Teams.
  • Serveurs et machines virtuelles, y compris les serveurs de fichiers et les bases de données des applications métier, avec des instantanés cohérents au niveau applicatif pour les bases de données.
  • Applications infonuagiques comme les plateformes de comptabilité, de gestion de cabinet ou de gestion de la relation client (CRM) ; vérifiez les options d’exportation et de sauvegarde de chaque fournisseur ainsi que les modalités de votre contrat.
  • Données de configuration : configurations des pare-feu et des commutateurs, stratégies Intune et d’accès conditionnel, enregistrements DNS et documentation sur la façon dont les systèmes sont construits.
  • Terminaux dont les données ne peuvent pas être redirigées vers le stockage infonuagique, même si la redirection des dossiers Bureau et Documents vers OneDrive est généralement la meilleure solution.
  • Points de reprise visés (RPO) pour chaque système, qui déterminent la fréquence des sauvegardes : un serveur de fichiers peut exiger des instantanés toutes les heures, alors qu’une archive se contente de copies hebdomadaires.

Tester les restaurations pour vrai

C’est aux tests de restauration que la plupart des programmes de sauvegarde échouent. Des rapports de tâches réussies ne prouvent pas que les données sont complètes, intactes et utilisables.

  1. Restaurations mensuelles de fichiers et de courriels

    Restaurez un échantillon de fichiers, un dossier et un élément de boîte aux lettres vers un autre emplacement, et vérifiez qu’ils s’ouvrent correctement.

  2. Restauration trimestrielle d’une application

    Restaurez un serveur ou une base de données applicative dans un environnement isolé et vérifiez que l’application démarre et que les données sont à jour jusqu’au point attendu.

  3. Exercice annuel de reprise complète

    Simulez la perte d’un système essentiel et chronométrez la reprise complète, y compris l’obtention des identifiants, la mise à disposition du matériel ou des ressources infonuagiques et la validation par un utilisateur du côté des affaires.

  4. Consigner et améliorer

    Notez la date, la portée, le résultat et la durée de chaque test. Comparez les délais de reprise aux attentes de l’entreprise et corrigez les écarts.

Surveillance, conservation et documentation

Quelqu’un doit examiner les résultats des sauvegardes chaque jour ouvrable. Une tâche qui échoue en silence depuis des semaines est l’une des découvertes les plus fréquentes lors d’une évaluation TI. Configurez des alertes pour les échecs et pour les tâches qui ne se sont pas exécutées du tout, et traitez un avertissement persistant comme un échec tant qu’il n’est pas réglé.

La conservation doit concilier les besoins de reprise, le coût du stockage et les éventuelles obligations de tenue de registres. Une approche courante consiste à garder les sauvegardes quotidiennes quelques semaines, les sauvegardes mensuelles un an et des copies annuelles plus longtemps lorsque c’est exigé. Demandez à vos conseillers professionnels ou juridiques quelles durées de conservation s’appliquent aux documents que détient votre entreprise.

Enfin, documentez le processus de reprise. Un guide d’exploitation clair, qui indique où se trouvent les sauvegardes, comment y accéder, dans quel ordre restaurer les systèmes et qui contacter, transforme une panne stressante en une procédure maîtrisable.

La sauvegarde fait partie de la reprise après sinistre, mais ne la résume pas

Les sauvegardes vous donnent les données. La planification de la reprise après sinistre détermine quels systèmes reviennent en premier, à quelle vitesse, sur quelle infrastructure et qui prend les décisions. Si vous avez des sauvegardes mais aucun plan de reprise, c’est la prochaine étape.

Questions fréquentes

Microsoft ne sauvegarde-t-il pas nos données Microsoft 365 ?

Microsoft protège le service contre les pannes d’infrastructure et offre des corbeilles, l’historique des versions et des fonctions de conservation. Par défaut, il ne fournit pas de sauvegardes indépendantes, à long terme et à un moment précis de vos données. Une sauvegarde Microsoft 365 dédiée comble cette lacune.

Une clé USB ou un NAS au bureau, est-ce suffisant ?

À lui seul, non. Un appareil situé dans le même immeuble partage les mêmes risques d’incendie, de vol et de rançongiciel sur le même réseau. Il peut constituer une des copies, combinée à une copie hors site et à une copie immuable ou hors ligne.

À quelle fréquence devrions-nous tester les restaurations ?

Testez de petites restaurations chaque mois, des restaurations d’applications ou de serveurs chaque trimestre, et un scénario de reprise complète au moins une fois par année ou après des changements importants. Consignez les résultats pour pouvoir démontrer que les sauvegardes fonctionnent.

Que signifie concrètement une sauvegarde immuable ?

Cela signifie que les données de sauvegarde sont verrouillées contre toute modification ou suppression pendant une période de conservation définie, même par les administrateurs. Si un rançongiciel ou un attaquant obtient un accès administrateur, ces copies restent disponibles pour la reprise.

Sachez si vos sauvegardes se restaureraient vraiment

Une évaluation de sauvegarde et de reprise examine ce qui est protégé, comment les copies sont sécurisées et si les restaurations ont été testées, puis propose des améliorations concrètes.